Savonnerie de papillon
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Les sales dessous du savon à la chaîne

Les sales dessous du savon à la chaîne
 
Source: http://blog.laruchequiditoui.fr/les-dessous-sales-du-savon-a-la-chaine/
 

Le savon c’est un peu comme les fonds de veau, il y a ceux que l’on fabrique à la main avec amour et ceux qui concentrent les pires éléments de synthèse. Les savons industriels auront-ils un jour notre peau ? Enquête sous la douche.

Le vrai savon de Marseille : cosmétique en voie d'extinction.
Le vrai savon de Marseille : cosmétique en voie d’extinction.

"Tu emboucanes, tu pègues, bonne mère, va donc te passer un coup de savon sur la goule
. S’il n’y en a plus sur la pile, file à l’épicerie du coin. » Du savon de Marseille, il y en a partout, même à Lille et à Charleville-Mézières. Certains l’adorent, d’autres le détestent traumatisés par des étés à utiliser ce cube aux rides profondes quand les copains découvrent le Tahiti douche. Sur les étals des supermarchés, ça fait des années que le savon répond présent. Forcément, le méridional excelle dans l’usurpation d’identité. L’appellation n’étant pas protégée, on trouve de tout. Le vrai, le marseillais pur jus, lui est fabriqué par des artisans savonniers dans la cité phocéenne et ne compte que deux ingrédients : de l’huile d’olive (72%) et de la soude (28%). Cette association corps gras (huiles ou graisses) / lessive (hydroxyde de sodium) forme d’ailleurs la base de tous les savons.
Les savons industriels utilisent des granulés de savons pas chers qu'ils broient, malaxent. Sont ajoutés ensuite à la pâte tout un tas d'additifs pas forcément fréquentables.
Les savons industriels utilisent des granulés de savons pas chers qu’ils broient, malaxent. Sont ajoutés ensuite à la pâte tout un tas d’additifs pas forcément fréquentables.

Marseillais mon oeil ?
Dans les supermarchés, le savon Le petit Marseillais présente une recette plus complexe. Lisez plutôt. Composition : sodium palmate, sodium palm kernelate, aqua, talc, prunus amygdalus dulcis oil, glycerin, lauryl glucoside, sodium chloride, tetrasodium EDTA,  tetrasodium étidronate, parfum, alpha-isomethyl ionone, butylphenyl methylpropional, eugenol, limonene, linalool,  CI77891 et CI77492. Vous ne comprenez rien ? Vous n’avez jamais étudié l’INCI, l’International nomenclature of cosmetic ingredients, commun à toute l’Europe qui mélange en caractères 6 du latin et de l’anglais pour le plus grand désarroi des consommateurs ?

Dans la langue de Duras, notre petit Marseillais comporte donc dans l’ordre d’importance : de l’huile de palme (sympa pour les grands singes), de l’huile de palmiste saponifiée (trop cool question déforestation), de l’eau, du talc, de l’huile d’amande douce, de la glycérine, du lauryl glucoside (un tensio-actif doux, ouf !), du sel, de l’Ethylène-Diamino-Tétra-Acétate (très polluant), son cousin le  tetrasodium étidronate qui ne vaut guère mieux, du parfum, un agent masquant l’odeur du produit, un autre, une substance odorante (proche du clou de girofle), un hydrocarbure composant de nombreuses huiles essentielles, un alcool tertiaire lui aussi présent dans les huiles essentielles, du dioxyde de titane et de l’oxyde de fer. Et notre huile d’olive (Olea europaea fruit oil en INCI), elle est où ?

L'INCI ? C'est cette liste d'ingrédients illisible et incompréhensible que l'on trouve sur les cosmétiques.
L’INCI ? C’est cette liste d’ingrédients illisible et incompréhensible que l’on trouve sur les cosmétiques.
 

Les ingrédients qui tâchent

Quand on interroge Rita Stiens, la papesse des cosmétiques bio sur son site laveritesurlescosmétiques, deux ingrédients de notre petit Marseillais posent problème sur un plan sanitaire. L’EDTA et son cousin le tetrasodium étidronate tous deux liants,  difficilement biodégradables  et douteux sur un plan toxicologique. Un coup d’oeil sur la fiche de toxicité de l’INRS (l’Institut national de recherche et de toxicité) et on n’est guère rassuré : « en cas de contact de l’EDTA avec les yeux, laver immédiatement et abondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste. » Ca calme !

« Globalement, explique Rita Stiens, les substances problématiques dans les savons peuvent être : l’EDTA, les colorants azoïques (pigments colorés fabriqués chimiquement à l’origine de nombreuses allergies, les CI1… quelque chose, certains étant même jugés cancérigènes), les conservateurs suspects du genre parabènes, mais aussi les tensioactifs durs éthoxylés (fabriqués à partir d’un gaz très réactif, extrêmement toxique, cancérigène et mutagène : l’oxyde d’éthylène). »


Un producteur en saponification à froid produit de 100 à 200 savons par jour. Un bondillonneur peut sortir de son extrudeuse 2000 ou 3000 savons quotidiens.

SAF ou suif ?

Mieux vaut donc se tourner vers les savons artisanaux qui privilégient les huiles nobles (colza, olive, argan, jojoba, pépins de raisin, noyaux d’abricot), conservent la glycérine, ajoutent des beurres végétaux de karité ou de coco, des huiles essentielles et tout un tas d’ingrédients naturels qui nous font du bien. Mais comment les reconnaître sachant que 98% des savonniers sont semi-industriels ?  Une fois encore, il faut sortir ses lunettes et scruter l’étiquette. « Si vous trouvez du sodium palmate ou du sodium tallowate (de la graisse de ruminants, hum), vous pouvez être sûr qu’il s’agit de savons fabriqués à partir de bondillons », explique Sidonie Champagne, artisan-savonnier.

Bondillons ? du verbe bondiller ? « Le bondillon, c’est de la pâte à savon que le savonnier achète à un industriel qui lui même n’est souvent qu’une branche d’un conglomérat malaisien puisque 90 % des pâtes à savon sont produites  là-bas. Le bondillon s’obtient en mélangeant une huile pas chère, genre palme ou coprah avec de l’hydroxyde de sodium. De cette réaction chimique émerge naturellement de la glycérine que les industriels extraient pour ne pas boucher leurs machines et revalorisent du même coup dans des crèmes cosmétiques. » Il suffit alors aux bondillonneurs   d’ajouter à leur préparation toute faite tantôt du lait d’ânesse, tantôt des huiles essentielles, tantôt de l’huile d’argan ou du beurre de karité et de faire croire à un produit naturel et artisanal. « Les ajouts ne pouvant dépasser les 10% de la composition du savon, on débusque les embrouilles facilement, précise Sidonie. Les ingrédients sont rangés dans l’INCI par ordre d’importance, il suffit de repérer à quel niveau de la liste se situent les bons produits. S’ils sont en queue de peloton, reposez le savon.»

        

      Et voici nos savons Bio (Savonnerie de Papillon)

 

Savons-bijoux

La meilleure façon de se laver consiste donc à acheter un savon saponifié à froid, un SAF comme on dit quand on est artisan-savonnier. Parce qu’ils sont doux pour la peau, bons pour la planète et fabriqués avec amour avec plein de bonnes choses dedans. « Je me lève tôt le matin comme le boulanger, raconte Sidonie, je dissous mon hydroxyde de sodium dans l’eau. Je pèse et prépare mes huiles : coco pour faire la mousse, beurre de karité pour ses qualités émollientes, colza et tournesol d’une ferme bio à 30 km de chez moi, olive de la ferme d’Alda une Portugaise pur jus dont le frère exploite une petite ferme là-bas au Portugal, le tout en bio. Je travaille totalement à froid, ce qui permet au savon  de conserver naturellement 8 à 10 % de sa glycérine et aux huiles végétales de conserver toutes leurs propriétés. Dans une journée je ne peux faire que 208 savons d’un seul parfum. »

En fait, les SAF, c’est un peu comme la haute couture. Des pièces sublimes à porter sous la douche en sifflotant.




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